Comme les étoiles du ciel

Installation

Kévin-Adémọ́lá Ṣàngósànyà

Du 11 mars au 15 avril 2026
Site du Marais → Vitrine

Le titre de l’installation provient de la Genèse : « Et je multiplierai ta semence comme les étoiles du ciel » (26 : 4-5). Cette phrase apparaît à l’artiste alors qu’il suit l’enterrement de son grand-père au Nigéria depuis le Brésil. Malgré la distance – géographique et existentielle – qui les sépare désormais, l’élan vital de l’un perdure dans l’autre, et dans l’ensemble de sa descendance aujourd’hui dispersée à travers le monde. Le lien entre le Nigéria et le Brésil, où la culture yorùbá¹ s’est maintenue et transformée, fait écho aux trajectoires diasporiques ayant conduit à cet éparpillement transatlantique.

Comme les étoiles du ciel propose une réflexion sur l’àṣẹ2 à travers le prisme de la filiation, des traumatismes de l’enfance et de la protection. L’àṣẹ, que l’on peut traduire par « la force qui permet aux choses de se réaliser », est une énergie qui infuse la matière : à la fois souffle vital et capacité d’agir sur le monde.

Cette continuité du flux d’àṣẹ, transmis de génération en génération, n’est pas seulement source d’émerveillement : elle est aussi douloureuse. Les traumatismes générationnels inhérents à la filiation (grand-père, père, fils) et à la violence paternelle sont mis en résonance avec des gestes de soin et de protection qui se transmettent eux aussi de père en fils. Savons, poudres magiques et objets rituels deviennent les vecteurs de ce que l’artiste nomme « African self-care », à la fois intime et spirituel.

 

1 Ensemble culturel d’Afrique de l’Ouest (né principalement dans l’actuel Nigéria) dont les traditions, notamment religieuses, se sont largement diffusées dans les Amériques à la suite des diasporas issues de l’esclavage.

2 Terme issu de la tradition religieuse yorùbá désignant la force qui permet aux choses d’advenir et de produire le changement, ainsi que l’autorité sociale qui découlent de ce pouvoir.

 

En savoir plus

Kévin-Adémọ́lá Ṣàngósànyà (France/Nigeria) est actuellement en résidence par le biais du programme 2–12. Sa pratique pluridisciplinaire explore les thématiques du sacré, de l’expérience noire et de l’occulte.

Lauréat de la bourse Émergence 2024, du Prix Taylor en 2022 et finaliste du Prix Sheds 2025, il a été invité à Rio de Janeiro pour la résidence Oficina Solar 2025 de Solar dos Abacaxis (soutenue par La FAB). Il a également été en résidence à la Villa Belleville (2024) et au Consulat Voltaire (2021).

Son travail a été présenté dans plusieurs expositions internationales et a fait l’objet de deux expositions personnelles à Paris en 2022 : Je connais la valeur de la peur à la galerie Loft et Objects In Motion Will Stay In Motion à La La Lande.