Programme de résidence
ADAGP
Critères d'éligibilité :
- Résider en France et en dehors d’Île-de-France depuis au moins cinq ans
- Ne pas être représenté par une galerie en Île-de-France
- Être artiste visuel
ADAGP
Critères d'éligibilité :
Charles Prime
Année/s de résidence : 2018
Peinture
ENTRETIEN
Quels sont les bénéfices d’une résidence à Montmartre, à la Cité internationale des arts ?
“Le bénéfice principal de ma résidence ici pendant 8 mois a été de pouvoir profiter du bain culturel parisien, la possibilité de voir quantité de collections, d’expositions ainsi que, étant assez cinéphile, nombre de films, vieux et récents.
L’île de la Réunion est en soit un environnement culturel très riche et stimulant, mais pas tellement pour les arts visuels et le cinéma – il faut dire ce qui est. Or leur contact m’est indispensable. A chaque nouvelle visite un nouveau questionnement, une nouvelle inspiration.
Par ailleurs le cadre de travail est idéal, tant au niveau de l’atelier dont j’ai profité, de son emplacement et de sa tranquillité, que de l’équipe de la Cité que l’on sent très à écoute et toujours prête à soutenir les projets, voire à en prendre l’initiative.
Il faut aussi dire que le simple fait de résider ici augmente mécaniquement votre visibilité. Du fait déjà du soutien et de la communication de l’équipe de la Cité, mais aussi des contacts avec les autres artistes venant… de partout !”
Quels sont vos projets en cours ?
“Grâce justement à ces contacts, j’ai pu faire une première exposition en galerie à Paris cet hiver.
Une de mes toiles a également été montrée dans le hall d’accueil de la Cité internationale des arts au même moment.
Le prochain projet est une exposition solo à la Cité Des Arts de la Réunion. C’est un projet important pour moi. Tant du point de vue du volume (il y a 240m2 à orchestrer !) que sur le plan affectif.
Les œuvres sont en ce moment même sur un cargo en direction de la Réunion, à mon retour en mai je les réceptionne, effectue quelques finitions et démarre le travail de scénographie en collaboration avec l’institution.”
BIOGRAPHIE
Depuis plusieurs années Charles Prime poursuit un travail pictural et une réflexion sur la peinture de paysage, sa tradition et son actualité. D’abord assez fidèle aux maîtres anciens qui ont formé son œil, le 17ème siècle français et hollandais, le romantisme allemand et anglais, il a progressivement intégré des éléments plus personnels et actuels à ses compositions. Tout en continuant de représenter des sites naturels, il concentre désormais son attention sur l’interaction de personnages avec le paysage. A l’aide d’éléments photographiques disparates (sites naturels, personnages contemporains, objets, végétation, panneaux…) il recompose des scènes touristiques, de voyage, de randonnée, de camping, d’exploration.
A travers ses compositions, Charles Prime met évidence le contraste entre l’immuabilité des paysages, et l’actualité d’une activité humaine quelconque. Le sublime des lieux est très souvent court-circuité ou accentué par la légèreté, l’absurdité ou l’intimité d’une scène humaine de notre temps.
Ses compositions révèlent un « avant », un « après » ou un « pendant », elles amorcent une narration, et elles datent le paysage. Le paysage est à la fois peint pour lui-même mais sert aussi de décor pour une scène, comme au cinéma.
Ses sources sont multiples et hétérogènes ; Caspar David Friedrich, Akira Kurosawa, à Andreï Zvyaginstev, Sylvain Tesson, David Hockney mais aussi Jared Diamond. Le point commun, entre tous ces auteurs : une passion profonde pour l’adaptation de l’homme à la nature, qui habite l’artiste.
Site de l'artiste
Charles Prime|_@_|Charles Prime
Académie des beaux-arts de Prague | AVU
Critères d'éligibilité :
Date limite de candidature : 30 août 2025
Richianny Ratovo
Année/s de résidence : 2021
Peinture
ENTRETIEN
Vous avez pu bénéficier de notre programme de résidences créé en collaboration avec la Fondation H, pouvez-vous nous en dire quelques mots ?
La Parenthèse, manomboka eto ny fahasambarana (ici commence le bonheur).
C’est un rêve qui se concrétise grâce au dynamisme de l’équipe de la fondation H et l’accueil chaleureux de la Cité internationale des arts.
C’est la première fois que je sors de Madagascar, grand chamboulement quand on se réveille le lendemain en plein cœur de Paris. L’architecture, les musées, les événements culturels, le métro, les gens… tout m’impressionne. La magie de cette incroyable expérience dépasse toutes mes attentes. Voyager grâce à l’art, avec l’art, pour l’art est pour moi une bénédiction.
Le principe de la résidence à la Cité permet de faire des rencontres aussi inattendues qu’exceptionnelles avec des artistes de partout dans le monde, toutes disciplines confondues.
C’est un mode de soutien privilégié pour la production artistique dans toute sa diversité, comme pour la professionnalisation des artistes. Le cadre de travail original offert permet, grâce au temps ainsi libéré et aux espaces et outils mis à disposition, un renouvellement des formes de création, de production comme de transmission. Sans parler de l’équipe, attentionnée et très à l’écoute, qui cherche à mettre à son aise chaque résident.
Je suis en plein développement de mon projet La parenthèse, ici commence le bonheur, une ode à la sensibilité, à l’amour et à la résilience. L’impact de ces deux premières semaines de résidence se reflète déjà sur mes créations actuelles : nouvelles couleurs ou techniques ou nouveaux médium.
Cette bouffée d’énergie se présente comme un élan, une occasion unique pour moi de m’épanouir au niveau personnel mais aussi / surtout dans la construction d’une carrière professionnelle.
Une anecdote sur votre résidence à la Cité internationale des arts ?
De nature un peu timide, j’avais peur de me présenter au petit-déjeuner de bienvenue organisé pour les nouveaux résidents – au point de ne pas trouver sommeil la veille. La peur de l’inconnu, de la barrière des langues, d’aller vers les gens, de ne pas être à la hauteur. A la hauteur de quoi ? Je ne sais pas.
La glace s’est brisée dès que j’ai passé la porte du Café des arts où se tenait le rendez-vous.
Je me souviens encore de la chaleur du lieu. Il n’y pas besoin de mots pour comprendre pourquoi nous étions tous là. On pouvait ressentir à travers les regards et les sourires la sincérité du partage, tous ces artistes venant de divers horizons rassemblés avec la même passion pour l’art, ayant des rêves et des ambitions.
Le contact s’est fait naturellement. Je me suis rendue compte à quel point je me mettais la pression sur tout ce que je devais accomplir ici. Aucune obligation de résultat, tout l’intérêt d’une résidence réside dans le processur, la recherche et l’épanouissement de soi.
C’est une aventure qui commence et on se laisse éblouir par la magie d’aujourd’hui et la surprise de demain.
BIOGRAPHIE
Richianny Ratovo est une artiste visuelle originaire de Madagascar. Fascinée par l’histoire de chacune de ses rencontres, elle cherche à matérialiser l’essence propre de chaque sujet en conjuguant vision personnelle et recherches issues de la création contemporaine. Par ce moyen de communication, elle développe un langage poétique peuplé d’images, reflet d’une scène de vie réelle ou imaginaire.
Elle s’exprime principalement par la peinture, le dessin et la pyrogravure, mais également par la photographie et la poésie.
Maurine Tric|_@_|Maurine Tric
Fabien Leaustic
Année/s de résidence : 2017, 2016
Installation
ENTRETIEN
Que vous a apporté la résidence à Montmartre, à la Cité internationale des arts ?
“Comme vous pourrez en juger à la vue de mes projets artistiques, mon travail plastique est majoritairement expérimental et correspond peu aux valeurs marchandes actuelles. Les installations que je développe mettent en jeu de la matière brute en mouvement. Cela pose donc des problèmes de conservation ce qui rend mes travaux difficilement accessibles pour les différentes collections. Les projets sur lesquels je travaille depuis le début de ma résidence à la Cité internationale des arts sont de ceux-ci.
Malgré ces difficultés apparentes, j’ai eu la chance d’être accompagné par la Cité internationale des arts qui m’a mis en relation avec des collaborateurs qui croient en la pertinence de mes recherches et qui me permettent de continuer de travailler au fur et à mesure des projets que je conçois. Grâce à la confiance qui m’a été accordée par la Cité internationale des arts, je peux développer mon travail et mes recherches en étant libéré d’une partie des contingences matérielles et financières liées à ma pratique professionnelle et jouir d’un espace d’expérimentation, mais aussi de vie.
Sans cette structure unique qu’est la Cité, il m’aurait été impossible de concrétiser le projet Geysa qui fut présenté pour NUIT BLANCHE-2018-Paris à la Cité des Sciences et de l’Industrie et je ne pourrais pas continuer de me concentrer sur mon prochain projet d’envergure qui sera présenté en octobre 2019 pour la Biennale Némo au CENTQUATRE – Paris (établissement artistique de la ville de Paris).
En complément de mon activité artistique, j’ai amorcé depuis plusieurs mois un projet de thèse au sein du programme SACRe (Science, Art, Création, Recherche) dont j’ai été lauréat et dont PSL (Université Paris, Science et Lettres) finance les recherches pour les trois années à venir.
Cette thèse est co-dirigée par le laboratoire de recherche de l’école des arts décoratifs de Paris (ENSAD Lab) et le centre des mathématiques appliquées (CMA) de la prestigieuse école des Mines Paris – Tech. Par ses recommandations répétées, la Cité internationale des arts a certainement joué un rôle clef dans le comité de sélection qui m’a octroyé cette bourse de recherche. Engagée, volontaire, créative : la merveilleuse équipe de la Cité qui accompagne les artistes dans ce programme de résidence en fait un atout pour chaque créateur qui passe par les murs de cette institution indispensable dans le paysage parisien.”
Quels retours sur les projets Nuit Blanche ?
Le projet Geysa qui fut réalisé pour Nuit Blanche a permis une diffusion de mon travail comme je n’en avais jamais connu avant. En une seule nuit ce sont plus de 20 000 visiteurs qui ont pu voir ce dispositif en action. Ce travail mené à bien montre au professionnels qui m’accompagnent ma capacité à mettre en oeuvre des projets d’envergures et de tailles monumentales, à gérer des équipes et une enveloppe budgétaire conséquente.
Grâce à la Cité internationale des arts, la confiance des professionnels et des investisseurs se trouve renouvelée. Cela marque une nouvelle étape dans mon parcours artistique et promet de nouvelles aventures riches en rencontres, en échanges et en diffusions de mes futurs travaux.
BIOGRAPHIE
Né à Besançon en 1985, Fabien Léaustic présente comme particularité d’être diplômé à la fois d’une école d’ingénieur et de l’école nationale supérieure des arts décoratifs de Paris.
Soutenu par la DRAC Bourgogne Franche-Comté, Il expose son travail en France ou à l’étranger, dans des institutions (Palais de Tokyo, CENTQUATRE Paris, Centre des arts Enghien les Bains, Casa de Velazquez Madrid, FRAC Franche-Comté…) ou des structures indépendantes (Fondation Vasarely Aix-en-Provence, Espace Pierre-Cardin Paris…). Après deux années de résidence à la Cité internationale des arts, Fabien Léaustic poursuit ses recherches au sein du programme doctoral SACRe (Sciences, Art, Création, Recherche) financé par PSL (Paris Sciences Lettres).