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10 résultats pour “on-des”

Artiste en résidence

Eva Djen

Année/s de résidence : 2022

Video

ENTRETIEN

Diplômée de ESAD Reims en 2021, quel rôle a joué votre résidence à la Cité internationale des arts à votre sortie de l’école ?

“Ma résidence à la Cité internationale des arts a joué un rôle important dans cette première année de sortie d’école à plusieurs niveaux. J’ai pu rencontrer un réseau d’artistes nationaux et internationaux, avec qui j’ai eu la chance d’échanger et de collaborer durant ma période de résidence, et potentiellement à l’avenir. La pluralité des nationalités et des pratiques des artistes en résidence constitue un contexte enrichissant et très propice à la création.

Étant originaire de Paris, j’ai pu également me reconnecter avec ma vie sociale parisienne et alimenter mon réseau professionnel en tant que jeune artiste. La mise à disposition d’un atelier-logement m’a permis de recevoir des visites d’atelier et de pouvoir partager mon travail avec des travailleu.r.se.s de l’art. La situation géographique de la Cité dans la ville, au centre de nombreuses institutions culturelles, m’a permis d’alimenter mes recherches et relancer ma production hors de l’école, dans un contexte favorable au développement de mon projet.“

Sur quels projets avez-vous travaillé dans le cadre de votre résidence ?

“Le projet que j’ai développé durant ma résidence constitue le second volet d’un travail vidéo que j’ai commencé au Mexique il y a 3 ans. Il s’agit d’entretiens avec des résident.e.s, mêlant narrations hybrides entre documentaire et fiction. La suite de la production fera l’objet d’une seconde résidence, à Paris ou ailleurs.

D’autre part, j’ai eu l’opportunité de montrer un travail de séries photographiques argentiques lors de mon open studio, simultanément à une projection de la vidéo que j’avais réalisée au Mexique. Durant cet évènement, et du fait de son format décomplexé, les échanges et les retours des nombreu.x.ses visiteur.se.s ont été très nourrissants et encourageants pour la poursuite de mon travail.

Me trouvant à Paris, j’ai pu assister mon amie, l’artiste Carla Adra, aussi ancienne résidente de la Cité internationale des arts, dans la production de son exposition Paroles chaudes à la Galerie de Noisy-Le-Sec. Ce fut une expérience enrichissante pour le développement de mon projet tant que pour son inscription dans mon parcours.”

Quels sont vos projets futurs ?

“À la rentrée de septembre 2022, j’entrerai en résidence à Design’R, dans la Pépinière d’art et de design de Reims. J’y développerai un travail de peinture, en atelier ainsi qu’en intervention dans l’espace urbain de la ville de Reims.

J’y résiderai en cohabitation avec d’autres jeunes artistes, anciens étudiants de l’ESAD de Reims, qui comme moi ont décidé de développer leur début d’activité à Reims. Durant cette année, je travaillerai parallèlement avec des enfants en tant qu’artiste intervenante en milieu scolaire, ce qui alimentera mes recherches dans l’image et le récit et ouvrira mon approche à d’autres points de vue.

D’autre part, j’aimerais continuer à développer des projets en résidence à l’étranger, pour rencontrer et continuer d’échanger avec des réseaux d’artistes à l’international.”

BIOGRAPHIE

Née à Paris en 1995, Eva Djen vit et travaille à Reims. Elle obtient son DNA Option Art en 2018 à l’ESAD de Reims, puis passe une année à travailler au Mexique et en France avec l’artist-run space Biquini Wax. Elle reçoit en 2021 les Félicitations du jury pour son DNSEP à l’ESAD de Reims.
Entre 2017 et 2022, elle est membre du collectif Jactatus, fondé à Reims puis basé à Paris. En 2022, après une résidence de quatre mois à la Cité internationale des arts, à Paris, elle devient résidente de Design’R, la Pépinière d’Art et de Design de Reims. Elle y développe des projets artistiques dans l’espace urbain, dans le cadre de la candidature de la ville au titre de Capitale européenne de la Culture en 2028.

Le travail d’Eva Djen explore la zone d’ambiguïté d’un monde où fiction et réalité se confondent. À travers une pratique plurielle de l’image, elle étudie les modes de construction des récits, les dynamiques de pouvoir qui s’en dégagent, et les différents langages qui peuvent en naître. Pour traiter de l’ambivalence du réel, l’artiste use de dispositifs hybrides qui distordent la perception et la représentation.

Maurine Tric

Événement

Émersions : Archive vivante est un projet au long cours qui révèle l’histoire unique de la Cité internationale des arts, lieu singulier de résidence et de création artistique. Il s’appuie sur l’activation des archives – anciennes et contemporaines – pour faire émerger une mémoire vivante, en constante évolution.
Site du Marais → Étage -1

Artiste en résidence

Charles Brecard

Année/s de résidence : 2022

Chorégraphe

ENTRETIEN

Quels sont les avantages d’une résidence à la Cité internationale des arts en tant que danseur ?

En tant qu’artiste, il est primordial de s’accorder des temps d’introspection, de réflexion et de récupération dans un monde où tout va trop vite et où nous sommes soumis.e.s à une course effrénée à la production et à la performance. La Cité internationale des arts offre cet environnement où nous pouvons laisser germer ces petites graines de créativité sans la pression du “faire”, mais plus dans une optique “d’être” et de “ressentir”. Les ateliers sont assez spacieux pour pouvoir s’adonner à son travail à n’importe quelle heure, en danse c’est toujours compliqué d’avoir l’espace adéquat. Il y a aussi l’avantage de pouvoir rencontrer des artistes issu.e.s d’autres cultures, d’autres disciplines, d’autres idéaux et ainsi de pouvoir faire rencontrer des univers qui parfois se confrontent, mais bien souvent se confortent. Il y a comme un consensus sur les différents thèmes que nous abordons et sur lesquels je travaille.

Travailleur.euse.s en art, nous sommes vecteurs et antennes de ce qui se passe autour de nous, et voir que nous ne sommes pas seul.e.s fait un bien fou et stimule d’autant plus l’inspiration et la détermination que nous pouvons avoir. Au-delà de l’art, il y a la rencontre humaine, qu’elle soit auprès du public, des autres résident.e.s, de l’équipe de la Cité, ou des autres rencontres possibles hors de la résidence, ce qui nous porte, nous et notre pratique sur une douce vague, du moins pour ce précieux temps de suspens. Paris est une ville foisonnante, riche ethniquement et culturellement, si on prend garde à ne pas se faire submerger par la vague d’information, il est possible d’en retirer le meilleur et d’utiliser tout ce nouveau savoir au service de notre art.

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez dans le cadre de votre résidence ?

À la base, je devais travailler sur un nouveau solo intitulé SOLILOQUY. Finalement la pandémie m’a conduit à le créer l’an dernier et à commencer à le tourner cette année. J’ai donc dédié un certain temps pour retravailler et réadapter cette pièce pour des dates à venir.

Outre cela, j’ai surtout travaillé sur trois axes. D’abord, sur une démarche plus technique et physique : le développement de ma méthodologie d’enseignement et de mon processus de création. Cela me permet de cerner les différentes étapes kinesthésiques du vocabulaire dansé sur lequel je travaille depuis cinq ans, une sorte de fusion de toutes les danses que j’ai pu expérimenter durant mon parcours, en plus d’éléments de chant ou de théâtre. Un jour peut-être, je travaillerai d’autres médiums via des collaborations : vidéo, arts plastiques, etc. Ensuite, j’ai mené un travail de recherche sur différents projets chorégraphiques, un court-métrage et deux nouveaux spectacles, sur lesquels je vais m’atteler à mon retour à Montréal.

Enfin, j’ai abordé une approche plus intellectuelle en voulant comprendre comment ma démarche artistique s’inscrit au sein de notre société, en la faisant dialoguer avec d’autres domaines comme l’écologie, la politique, la philosophie, les enjeux de décolonisation, la sociologie et l’anthropologie. En somme, voir les choses de manière systémique et pouvoir décider en toute connaissance de cause : Pourquoi fais-je cela ? Est-ce que cela renforce le système mortifère que je condamne ou est-ce que ça contribue à l’avènement d’autres imaginaires ? Quelle radicalité de discours faut-il trouver face à l’effritement, désormais visible, de notre monde ? Quel parcours dois-je tracer en tant qu’artiste émergent ? Il est très possible que je ne trouve jamais les réponses, mais tenter de les affronter donne en quelque sorte un à ma pratique.

 

Quels sont les bénéfices du programme de résidences développé par POEMART Nouvelle-Calédonie et la Cité internationale des arts ? Qu’est-ce qui vous a mené à y candidater ?

J’ai deux amis artistes du pays, Linda Kurtovitch et Sacha Terrat, qui ont déjà bénéficié de ce partenariat. Ils m’ont fortement recommandé de déposer ma candidature. Le POEMART, que je remercie encore pour sa confiance, m’a apporté un soutien financier pour la location des studios de répétitions et les frais d’hébergement ainsi que la mise en contact avec la Cité.

Je n’aurais peut-être jamais entamé les démarches pour obtenir une résidence à la Cité, tant elle semble grande et presque hors de portée au vu de ma brève expérience du métier. Ce programme m’a permis d’accéder à cette opportunité et m’a énormément fait mûrir en l’espace de deux mois. J’espère sincèrement que d’autres artistes pourront venir façonner leur expérience ici tout en s’enrichissant humainement, intellectuellement, culturellement et spirituellement

N’oublions pas que c’est surtout grâce à la culture qu’un pays rayonne et fait valoir sa force. Abstraction faite d’un désir de domination et de supériorité, il me semble qu’un pays est toujours fiers de ses artistes quand ils et elles réussissent, et ce parfois, sans son soutien initial.

Cette collaboration interinstitutionnelle m’a permis d’obtenir le soutien financier de la fondation LOGIQ et du Conseil des Arts du Canada, une confiance en emmène une autre. Un grand merci, c’est un immense privilège d’être à la Cité internationale des arts. C’est à travers l’art que nous résisterons et c’est à travers l’art que nous existons.

BIOGRAPHIE

Né en Kanaky en Nouvelle-Calédonie et vietnamien d’origine, Charles Brecard se forme à l’École de danse contemporaine de Montréal et vit à présent sur le territoire montréalais (Tio’tia:ke/Mooniyang). Il collabore avec de nombreuses compagnies, institutions et artistes de disciplines variées.

Sa curiosité l’a conduit à développer FLUIDIFY, une pratique influencée par les danses urbaines, traditionnelles et contemporaines et par son métier de massothérapeute sportif. Il l’a partage au sein de festivals, sous forme de médiation culturelle ou dans le cadre de cursus pédagogiques. Ses chorégraphies, empreintes d’une grande physicalité, de poésie et d’activisme, l’amènent à se déployer localement et internationalement via des commandes ou des projets indépendants.

Son solo SOLILOQUY reçoit notamment le prix de la Meilleure Interprétation en 2021. Il est co-initieur du “Bercail”, lieu nomade de pratique, de partage et de recherche.

Sa résidence à la Cité internationale des arts, soutenue par le POEMART de Nouvelle-Calédonie et le Conseil des Arts du Canada, a pour objectif d’étoffer sa démarche artistique.

Chercheur passionné, il vise à approcher sa pratique de manière systémique en établissant des liens entre des domaines aussi variés que le théâtre, la sociologie, la philosophie, la géopolitique et l’écologie, afin de comprendre comment s’inscrire dans un système qui s’effrite en tant qu’artiste émergent. Il souhaite ainsi inciter à une révolution politique, poétique et spirituelle des corps et des esprits.

Site de l'artiste

Programme de résidence

Colombie Toutes disciplines

Ministère des Cultures, des Arts et des Savoirs de Colombie

Critères d'éligibilité :


  • Être de nationalité colombienne, travailler et résider en Colombie

  • Être artiste visuel, commissaire, musicien, danseur ou chorégraphe, metteur en scène, cinéaste, écrivain (littérature ou fiction), architecte ou designer