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12 résultats pour “les-voix-se-levent”

Artiste en résidence

Makenzy Orcel

Année/s de résidence : 2021

Ecrivain

Makenzy Orcel est né en 1983 à Port-au-Prince. Après des études de linguistique, il abandonne l’université pour se consacrer à la littérature. Il publie deux recueils de poèmes, La Douleur de l’étreinte en 2007 et Sans Ailleurs en 2009. Un recueil traversé par les thèmes de la nuit, de l’enfermement, et de l’ailleurs.

Aux lendemains du tremblement de terre qui a secoué Port-au-Prince avec la même force destructrice que la bombe d’Hiroshima, Makenzy Orcel a écrit Les Immortelles pour dire la folie de vivre malgré l’épouvante autant que pour livrer le plus insolent témoignage face à l’apocalypse. C’est aux prostituées de Port-au-Prince, à ces “immortelles” qu’il a voulu rendre hommage, celles dont la voix ne s’est pas faite entendre à l’heure de la médiatisation de la catastrophe.

Je ne veux pas écrire sur ce que tout le monde voit, et ce que tout le monde aime, ça ne m’intéresse pas. Je veux être dans le sous-bassement des choses. Des lettres, de la société́, de tout. Haïti, c’est un pays d’ombre, et je puise dans l’ombre.

— Makenzy Orcel

Les Immortelles, qui lui vaut le Prix Thyde Monnier de la SGDL, est son premier roman, brodé comme un recueil de prose. Les paragraphes épurés qui se découpent sur la page blanche recèlent toute l’intensité et la violence de la douleur.

Avec Les Latrines, publié en 2011 chez Mémoires d’encrier, Mackenzy Orcel poursuit son exploration des bas-fonds, offrant au lecteur médusé une véritable fête du langage dans le dédale des bidonvilles de Port-au-Prince.

La Nuit des terrasses, recueil de poèmes, est une plongée dans la vie des bars, regorgeant de souvenirs disparates… Une véritable célébration de l’instant, de la rencontre des corps et de l’amitié.

Il a publié L’Ombre animale en 2016, roman qui remporte —entre autres— le Prix Littérature-Monde et le Prix Louis Guilloux. Le titre retranscrit parfaitement l’esprit d’un roman en clair-obscur où le corps s’expose, se décompose, se renouvelle. Makenzy Orcel est un archéologue du sens, un écrivain sensoriel qui puise dans la marginalité une puissance d’évocation rare. Roman ambitieux et exigeant, l’Ombre animale n’a pas fini de nous fasciner.

Caverne, publié en 2017 chez la Contre Allée, est un recueil de poèmes introspectifs qui explorent l’intérieur, l’intime et remontent jusqu’à l’enfance. L’occasion de rendre visite aux morts  —parents, amis ou inconnus— et de leur donner vie afin de panser ses propres plaies.

En 2018, il signe Maître-Minuit, roman avec lequel il revisite un mythe légendaire haïtien par l’intermédiaire de Poto, dessinateur dans les années 50, qui traverse l’Histoire de son pays. L’écrivain joue habilement sur les contrastes et la musicalité de la langue pour dresser un portrait d’Haïti à une période trouble où la folie semble s’emparer de l’île.

Jera ak Jèta, sa première pièce de théâtre, mise en scène par Pascale Julio, a été joué plusieurs fois en Haïti, notamment au festival des Quatre Chemins, et dans le cadre de l’événement “Livres en Folie”.

  — Texte issu d’Étonnants Voyageurs

Événement

Le vendredi 23 janvier 2026 Événement passé

Carte blanche à Olivier Marboeuf | Veillée Rester.Étranger

Dans le cadre de l’exposition Paris des vi(ll)es | Intimités publiques, l’équipe curatoriale propose à Olivier Marboeuf, auteur-conteur, artiste, commissaire d'exposition indépendant et producteur de cinéma, une carte blanche, le temps d’une soirée autour du thème de l’hospitalité.
Site du Marais → Galerie

Artiste en résidence

Kevin Gotkovsky

Année/s de résidence : 2017

Sculpture

ARTS VISUELS
SCULPTURE

La pratique de Kevin Gotkovsky s’articule autour de la production et la mise en conversation de sculptures, incarnant les hypothèses d’une problématique centrale : comment déplacer l’état générique d’un objet à une forme d’allégorie ? Cherchant à caractériser les moments où un objet est absorbé par un environnement pour devenir partie prenante d’un paysage, Kevin Gotkovsky tente de réintroduire des potentialités narratives au sein de formes génériques.

Largement influencé par l’idéologie du Bauhaus en architecture et par les écrits philosophiques de Vilém Flusser, le vocabulaire formel qu’il développe tente de faire cohabiter des formes fonctionnalistes et un certain sentimentalisme. Il est à la recherche d’un artisanat sans savoir-faire, non-spécialisé. Les gestes opérés, parce qu’ils sont les retranscriptions approximatives de techniques industrielles et qu’ils tendent vainement à la même qualité manufacturée, deviennent les vecteurs d’une certaine mélancolie, en même temps qu’ils soulèvent une question : un procédé industriel est-il nécessairement la reproduction machinique d’un geste manuel oublié, et donc d’une subjectivité ?

Site de l'artiste

Artiste en résidence

Charles Brecard

Année/s de résidence : 2022

Chorégraphe

ENTRETIEN

Quels sont les avantages d’une résidence à la Cité internationale des arts en tant que danseur ?

En tant qu’artiste, il est primordial de s’accorder des temps d’introspection, de réflexion et de récupération dans un monde où tout va trop vite et où nous sommes soumis.e.s à une course effrénée à la production et à la performance. La Cité internationale des arts offre cet environnement où nous pouvons laisser germer ces petites graines de créativité sans la pression du “faire”, mais plus dans une optique “d’être” et de “ressentir”. Les ateliers sont assez spacieux pour pouvoir s’adonner à son travail à n’importe quelle heure, en danse c’est toujours compliqué d’avoir l’espace adéquat. Il y a aussi l’avantage de pouvoir rencontrer des artistes issu.e.s d’autres cultures, d’autres disciplines, d’autres idéaux et ainsi de pouvoir faire rencontrer des univers qui parfois se confrontent, mais bien souvent se confortent. Il y a comme un consensus sur les différents thèmes que nous abordons et sur lesquels je travaille.

Travailleur.euse.s en art, nous sommes vecteurs et antennes de ce qui se passe autour de nous, et voir que nous ne sommes pas seul.e.s fait un bien fou et stimule d’autant plus l’inspiration et la détermination que nous pouvons avoir. Au-delà de l’art, il y a la rencontre humaine, qu’elle soit auprès du public, des autres résident.e.s, de l’équipe de la Cité, ou des autres rencontres possibles hors de la résidence, ce qui nous porte, nous et notre pratique sur une douce vague, du moins pour ce précieux temps de suspens. Paris est une ville foisonnante, riche ethniquement et culturellement, si on prend garde à ne pas se faire submerger par la vague d’information, il est possible d’en retirer le meilleur et d’utiliser tout ce nouveau savoir au service de notre art.

Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez dans le cadre de votre résidence ?

À la base, je devais travailler sur un nouveau solo intitulé SOLILOQUY. Finalement la pandémie m’a conduit à le créer l’an dernier et à commencer à le tourner cette année. J’ai donc dédié un certain temps pour retravailler et réadapter cette pièce pour des dates à venir.

Outre cela, j’ai surtout travaillé sur trois axes. D’abord, sur une démarche plus technique et physique : le développement de ma méthodologie d’enseignement et de mon processus de création. Cela me permet de cerner les différentes étapes kinesthésiques du vocabulaire dansé sur lequel je travaille depuis cinq ans, une sorte de fusion de toutes les danses que j’ai pu expérimenter durant mon parcours, en plus d’éléments de chant ou de théâtre. Un jour peut-être, je travaillerai d’autres médiums via des collaborations : vidéo, arts plastiques, etc. Ensuite, j’ai mené un travail de recherche sur différents projets chorégraphiques, un court-métrage et deux nouveaux spectacles, sur lesquels je vais m’atteler à mon retour à Montréal.

Enfin, j’ai abordé une approche plus intellectuelle en voulant comprendre comment ma démarche artistique s’inscrit au sein de notre société, en la faisant dialoguer avec d’autres domaines comme l’écologie, la politique, la philosophie, les enjeux de décolonisation, la sociologie et l’anthropologie. En somme, voir les choses de manière systémique et pouvoir décider en toute connaissance de cause : Pourquoi fais-je cela ? Est-ce que cela renforce le système mortifère que je condamne ou est-ce que ça contribue à l’avènement d’autres imaginaires ? Quelle radicalité de discours faut-il trouver face à l’effritement, désormais visible, de notre monde ? Quel parcours dois-je tracer en tant qu’artiste émergent ? Il est très possible que je ne trouve jamais les réponses, mais tenter de les affronter donne en quelque sorte un à ma pratique.

 

Quels sont les bénéfices du programme de résidences développé par POEMART Nouvelle-Calédonie et la Cité internationale des arts ? Qu’est-ce qui vous a mené à y candidater ?

J’ai deux amis artistes du pays, Linda Kurtovitch et Sacha Terrat, qui ont déjà bénéficié de ce partenariat. Ils m’ont fortement recommandé de déposer ma candidature. Le POEMART, que je remercie encore pour sa confiance, m’a apporté un soutien financier pour la location des studios de répétitions et les frais d’hébergement ainsi que la mise en contact avec la Cité.

Je n’aurais peut-être jamais entamé les démarches pour obtenir une résidence à la Cité, tant elle semble grande et presque hors de portée au vu de ma brève expérience du métier. Ce programme m’a permis d’accéder à cette opportunité et m’a énormément fait mûrir en l’espace de deux mois. J’espère sincèrement que d’autres artistes pourront venir façonner leur expérience ici tout en s’enrichissant humainement, intellectuellement, culturellement et spirituellement

N’oublions pas que c’est surtout grâce à la culture qu’un pays rayonne et fait valoir sa force. Abstraction faite d’un désir de domination et de supériorité, il me semble qu’un pays est toujours fiers de ses artistes quand ils et elles réussissent, et ce parfois, sans son soutien initial.

Cette collaboration interinstitutionnelle m’a permis d’obtenir le soutien financier de la fondation LOGIQ et du Conseil des Arts du Canada, une confiance en emmène une autre. Un grand merci, c’est un immense privilège d’être à la Cité internationale des arts. C’est à travers l’art que nous résisterons et c’est à travers l’art que nous existons.

BIOGRAPHIE

Né en Kanaky en Nouvelle-Calédonie et vietnamien d’origine, Charles Brecard se forme à l’École de danse contemporaine de Montréal et vit à présent sur le territoire montréalais (Tio’tia:ke/Mooniyang). Il collabore avec de nombreuses compagnies, institutions et artistes de disciplines variées.

Sa curiosité l’a conduit à développer FLUIDIFY, une pratique influencée par les danses urbaines, traditionnelles et contemporaines et par son métier de massothérapeute sportif. Il l’a partage au sein de festivals, sous forme de médiation culturelle ou dans le cadre de cursus pédagogiques. Ses chorégraphies, empreintes d’une grande physicalité, de poésie et d’activisme, l’amènent à se déployer localement et internationalement via des commandes ou des projets indépendants.

Son solo SOLILOQUY reçoit notamment le prix de la Meilleure Interprétation en 2021. Il est co-initieur du “Bercail”, lieu nomade de pratique, de partage et de recherche.

Sa résidence à la Cité internationale des arts, soutenue par le POEMART de Nouvelle-Calédonie et le Conseil des Arts du Canada, a pour objectif d’étoffer sa démarche artistique.

Chercheur passionné, il vise à approcher sa pratique de manière systémique en établissant des liens entre des domaines aussi variés que le théâtre, la sociologie, la philosophie, la géopolitique et l’écologie, afin de comprendre comment s’inscrire dans un système qui s’effrite en tant qu’artiste émergent. Il souhaite ainsi inciter à une révolution politique, poétique et spirituelle des corps et des esprits.

Site de l'artiste

Appel à candidature

Date limite de candidature : 19 janvier 2026

Artiste en résidence

Alexandra Pouzet

Année/s de résidence : 2024

Photographie

Alexandra Pouzet nait à Poitiers en 1975, grandit à la campagne (nord Vienne, 86) dans l’emmêlement du patois au français, des énergies rurales à celles de la ville.

Elle suit des études de lettres modernes, puis travaille en radio, parle d’écologie, de poésie, fait entendre des voix de gens de la terre. À un moment, la photographie aux beaux-arts en cours du soir, puis un tour de France avec un polaroid et le goût du surréalisme (Les veines du temps – 2009-12, avec le poète Alain-Pierre Pillet). Les séries s’enchainent. La question d’habiter, un corps, une maison, un sol.

D’être habité.es, par des forces, une histoire, des lieux. Elle travaille avec des personnes et réfléchit avec elles des expériences habitantes, une condition humaine. Le Frac Poitou-Charentes acquiert en 2009 l’ensemble de Nature humaine, la B.N.F un folio de sa Carte du tendre et l’expose en 2017. S’aiguise au fil des rencontres son goût pour les gestes situés, les savoirs-faires non conventionnels, les formes brutes, des manières de faire vernaculaires.

Elle travaille depuis 2016 avec l’anthropologue Bruno Almosnino. Avec lui, elle regarde nos attachements aux objets, la part sacrée qui nous lient à eux (Medium – 2018, Presque René Montagne – 2021-23), la fin d’un pastoralisme, la reprise de la terre (Poun naou – 2018-22), ce qui vibre d’esprit dans ce que nous considérons usuellement comme des choses inertes (Terrain.s – 2017-21, avec Roger Rousseau). Ils exposent dans des centres d’art, des musées, fondent les éditions Arts Pauvres, performent, activent les images et les mots de différentes façons.

Alexandra Pouzet s’intéresse depuis plusieurs années aux objets d’arts et traditions populaires dont la dimension artistique et les images qu’ils libèrent ou font remonter l’amènent aujourd’hui à travailler sur les formes inconscientes paysannes. Sa pratique est de plus en plus « sculpturale » et cherche à dire non pas des mondes finis(sants) mais un présent continu.

Marie Deborne