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12 résultats pour “on-des”

Appel à candidature

Date limite de candidature : 11 janvier 2026

Avec notre partenaire : Nessij ↗

Artiste en résidence

Marie Havel

Année/s de résidence : 2020

Dessin

Work in progress (everyday) – Janvier 2021

À l’occasion de la série Work in progress (everyday) diffusée en janvier 2021, Marie Havel revient sur son travail et le projet sur lequel elle travaille pendant sa résidence à la Cité internationale des arts. Lecture à accompagner des visuels ci-contre.

 

A travers des techniques variées et souvent entre modélisme et dessin, mon travail questionne la ruine. De ses traces ingérées par le paysage et l’histoire collective ; jusqu’à l’environnement domestique le plus intime et les rituels du jeu ; je tente de saisir l’instant où survient la ruine, d’envisager la réactivation des ruines et les possibles changements d’identité des lieux ou paysages ; de révéler le travestissement des lieux par le souvenir, par les individualités, à travers la notion peut-être de “paysages usagés”. Je cherche à pointer l’histoire individuelle dans une histoire plus collective et surtout à envisager la ruine comme possible mode de construction à part entière avec ses mécanismes propres, comme une possible évolution, une augmentation plutôt qu’une dégradation. Ce travail relève ainsi de tensions, de rapports de force, de points d’équilibre et de cycles de construction / de(con)struction, découvertes / recouvrements ; entre la nature et l’Homme, l’adulte et l’enfant, l’enfant et la nature.

 

Cette démarche a pris sa source en des lieux connus et au travers d’expériences personnelles, mes terrains de jeux s’étant situés principalement dans l’Aisne près du Chemin des Dames ou sur la côte d’Opale jonchée de restes du mur de l’Atlantique. Des paysages forgés, façonnés, par une Histoire lointaine mais omniprésente de chute, de ruine et de dévastation, qui sont aussi le support, la base de nombres d’enfances, de jeux et de réappropriations, constructions / reconstructions intimes et collectives.

 

Ainsi, la première part du travail évoque la ruine constituante du paysage, de l’architecture, d’une grande Histoire commune extérieure parfois lointaine ; quand la seconde suggère des paysages qualifiés de domestiques, un environnement intime et intérieur, en apparence plus naïf et familier, empreint de clins d’œil, d’anecdotes et d’objets aussi singuliers que représentatifs d’une génération. Si cette recherche globale, par la diversité des médiums et des sujets, peut alors aisément se scinder en deux parties tout à fait distinctes ; elle s’attache néanmoins par son articulation à parcourir la ruine et la manière dont nous l’envisageons ; partant d’une histoire collective vers un imaginaire commun, cherchant à pointer les origines de la ruine, ses résurgences, ses racines et leurs possibles destinations.

 

C’est cette articulation, cette connexion entre ces deux axes que j’ai souhaité questionner et travailler dans le cadre de la résidence du programme “Fondation Daniel & Nina Carasso et Cité internationale des arts”, pour rendre la démarche plus lisible en me plongeant davantage dans la seconde partie du travail, plus récente, qui entre parfaitement en écho avec un temps de résidence et en particulier dans la période actuelle, allant de l’extérieur vers l’intérieur. J’ai intitulé ce projet Die and Retry, terme issu du jeu vidéo, désignant une pratique qui consiste d’abord à perdre / mourir afin de connaître les mécanismes du jeu pour ensuite pouvoir revenir et recommencer, réussissant cette fois. Une chance que permet le jeu vidéo, le jeu plus généralement, mais aussi un temps de résidence comme celui-ci ; s’isoler un temps pour mieux saisir l’objet des recherches, des préoccupations avant de revenir et recommencer, après ce temps suspendu mais loin d’être vain, à l’image d’une cabane d’enfant qui enferme autant qu’elle ne suggère la fuite et l’évasion.

 

– Marie Havel

Vivant et travaillant à Montpellier, Marie Havel est née en 1990 à Soissons dans l’Aisne. Après un BTS en communication visuelle, elle est diplômée DNSEP en 2016 de l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Montpellier (MO.CO ESBA).

Lauréate du Prix jeune création Drawing Room 2016 de Montpellier puis du Premier Prix DDESSIN à Paris en 2017, elle réalise à l’été 2018 une exposition en duo avec le plasticien Clément Philippe à La Mouche Art Contemporain Béziers.

Son travail a notamment été présenté lors l’édition 2019 de Bienvenue Art Fair à la Cité internationale des arts avec la Galerie Jean-Louis Ramand. Lauréate du dispositif Post-Production FRAC Occitanie Montpellier 2019, elle y a récemment exposé son travail lors de l’exposition collective Le Bal des Survivances.

Elle collabore également régulièrement depuis 2015 avec le promoteur et la Fondation GGL Helenis sur divers projets artistiques.

” Le travail de Marie Havel s’enracine dans une réflexion autour de la ruine, état de chute aussi bien assimilé aux choses qu’à l’individu.
Il se décline dans un agencement subtil entre construction et destruction. Cet équilibre, précaire, est appréhendé à l’orée de l’enfance, dans des dimensions expérimentales et ludiques. Dans ce sens, ses œuvres proposent un double regard, celui de la curiosité, du jeu, d’un âge où l’on s’adapte à l’environnement chargé d’histoire qui nous entoure, et celui d’une approche plus distanciée, posant son attention sur ce qui bâtit notre passé. […] Son travail relève ainsi de l’introspection, du souvenir, elle va puiser dans les décombres de sa mémoire pour opérer une mise en lumière des images et expériences vécues. L’état de ruine est non seulement révélé […] mais également suspendu. Il y a dans ses dessins un état de sursis latent, dont la série Jumanji est particulièrement représentative. […]

A l’inverse de structures qui se détériorent au fil du temps, Marie Havel bâtit des constructions originellement altérées, elle érige la ruine. Ce qui est mis en lumière n’est pas tant la chute que l’acte vain. Les œuvres participent d’une forme de cynisme, où la part d’instabilité et de destruction constitue l’essencemême de la structure. Si Marie Havel excelle dans la technique du dessin, son travail présente une déclinaison de médiums, portant toujours son attention sur l’effondrement de manière ambiguë[…]. 

L’artiste promeut le chaos, l’échec, et l’adversité. […] Il y a en effet dans son travail un besoin de révéler, de montrer ce qu’on ne voit pas ou que l’on ne voudrait plus voir. […] Les œuvres de Marie Havel sont ainsi empreintes de souvenirs où son histoire prend place dans l’Histoire. L’enfance ingénue se substitue à la réalité d’un monde détérioré, en tension. Il s’opèrepourtant une sublimation de la mémoire. A travers la reconstruction de jeux, de situations périlleuses ou encore de structures, l’artiste introduit une poésie de la ruine.”

Extraits du texte de Gwendoline Corthier-Hardoin, chercheuse en Théorie des Arts et commissaire d’exposition, mars 2020.

 

 

“Ce programme a été une opportunité unique de prise de hauteur, de réappropriation du travail comme du temps, de rencontres inattendues et de préservation, permettant d’analyser et ainsi de renforcer l’ensemble de ma démarche artistique. Ces six mois sont déjà le marqueur d’une évolution considérable dans ma jeune carrière, une nouvelle étape à un moment où rien ne laissait présager une telle chance.”

Site de l'artiste

Artiste en résidence

Charlotte Delval

Année/s de résidence : 2022

Sculpture

ENTRETIEN

Diplômée de l’ESAM Caen/Cherbourg en 2019, comment votre pratique a-t-elle évolué depuis lors et que vous a apporté votre résidence à la Cité internationale des arts ?

“La sortie de l’école est une période tout aussi difficile qu’excitante, j’ai eu la chance de pouvoir vivre quelques mois à la Cité internationale des arts, seulement trois ans après mon diplôme. Lorsque j’ai atterri au cœur du Marais dans cet endroit incroyable qu’est la Cité, j’étais très enthousiaste à l’idée d’arpenter la ville et de découvrir de nouvelles choses. J’avais depuis trois ans de post-diplôme, compris le besoin et la place importante que prend la pratique artistique dans ma perception quotidienne. La Cité, proche de nombreux lieux de ressources, m’a offert un temps de réflexion et d’observation très intense. Ma pratique de sculpture et de dessin s’est affirmée encore plus sensuelle et fragile. L’impact du temps, la vieillesse qui nous ronge m’intéresse, j’aime confronter cette friabilité avec les bijoux, bien souvent plus clinquants que précieux, signe de désir dominé ou dominant. La Cité m’a apporté rencontres, divagations et espace de travail dans lequel j’ai confirmé cette recherche plastique mêlé à ma pratique de l’écriture. J’ai pu rencontrer des critiques, auteur.trice.s, commissaires et discuter de cette hybridation texte sculpture.“

En avril 2022, vous avez participé à l’exposition collective Weirdo Rainbow à l’espace DOC. Dans quelle mesure votre expérience en résidence à la Cité internationale des arts a-t-elle nourri votre participation à cette exposition ?

“Paris est un endroit de rencontres incroyables, la Cité internationale des arts m’a permis d’avoir un atelier-logement au sein de ce foisonnement artistique. J’ai partagé beaucoup de temps et de réflexions lors des Ateliers ouverts, des vernissages et de fêtes dans d’autres lieux alternatifs avec d’autres artistes dont Audrey Aumegeas et Loïc Leclercq, qui sont deux artistes résident.e.s à DOC.

De ces réflexions, nous avons construit avec deux autres artistes, Marine Coullard et Vincent Girard, une exposition collective pensée, montée, rédigée, par des jeunes plasticien.ne.s. Nous avons, avec une certaine mélancolie parfois, voulu penser la cohabitation, la fugacité de l’apparition et la fragilité de nos projections. D’une certaine manière, cela évoque tout autant la difficulté que l’on rencontre en tant que jeune artiste que de cette volonté incroyable de partager des choses humaines et artistiques. Sans cette chance de se retrouver ensemble, dans un même endroit, nous aurions expérimenté les choses différemment.”

Dans le cadre de votre résidence à la Cité internationale des arts, vous avez eu l’occasion de participer aux Ateliers ouverts : pratiques ralenties et d’ouvrir les portes de votre atelier-logement au public, que vous a apporté cette expérience ?

“J’ai ouvert mon atelier le mercredi 23 février 2022, j’ai pu alors montrer des sculptures en cours et des dessins. La discussion avec des personnalités très différentes a été enrichissante et a permis de confirmer certains choix. Montrer un travail en cours dans mon atelier a permis par la suite de penser mes sculptures de manière plus radicale. Le fourmillement de la recherche lors de l’ouverture de l’atelier permet d’affirmer les désirs que peuvent contenir certaines formes en cours de gestation. Ces légers décalages que l’on remarque seulement lorsqu’ils sortent du contexte quotidien de l’atelier.

Au-delà, de l’opportunité extraordinaire d’inviter des personnes importantes pour moi et de discuter du travail, c’est aussi un exercice de distanciation et d’affirmation dans ma recherche qui a tendance, pour ma part, à être très boulimique. J’ai par exemple, montrer une pièce en ouate ornée d’épingles à nourrices lors de l’atelier ouvert. Cette œuvre a finalement trouvé son poids lors de l’exposition collective Weirdo Rainbow à DOC. Sans cette étape d’ouverture d’atelier Hermine, aurait été différente.”

BIOGRAPHIE

Née à Roubaix en 1996, Charlotte Delval a débuté son cursus en école d’art avec une option communication à Cambrai avant de finir félicitée en option Art à l’École Supérieure d’Arts et Médias de Caen/Cherbourg en 2019. Ce point d’ancrage constitue l’essence de son travail, un tissage entre la littérature et les arts plastiques.

En résidence au Confort Moderne de Poitiers cinq mois, son travail mêlant érotisme, sécrétions et formes sculpturales, prend forme dans une exposition collective À tous ces cadavres conservant l’apparence de la vie. Les notions de temps, de vieillissement et d’une certaine lenteur contaminent ses formes les contraignant à une douce violence érotique induite par les sécrétions, odeurs et autres sensations haptiques qui se diffusent dans l’air tel un cri désespérément étouffé.

Le travail de Charlotte Delval révèle un univers résilient, constamment contraint par le corps et cherchant à s’échapper pour venir mourir, et par la même, féconder de nouveaux espace-temps.  

Arpès cette expérience, ses recherches et création continuent et sont notamment présentée à l’occasion d’une première exposition personnelle aux Bains-Douches à Alençon, en 2021 Let’s twist Again accompagné d’un texte auto-édité.

En 2022, elle est en résidence à la Cité internationale des arts pendant cinq mois où elle prend part à plusieurs expositions collectives. Aujourd’hui, elle est basée à Rennes, où elle participe à la formation professionnelle GENERATOR, 40mcube. 

Maurine Tric

Artiste en résidence

Ninon Lacroix

Année/s de résidence : 2023

Film

ENTRETIEN

Dans le cadre de votre résidence à la Cité internationale des arts, en partenariat avec la Fondation Culture & Diversité, vous avez bénéficié d’un accompagnement à la création par des commissaires indépendantes membres de C-E-A / Association française des commissaires d’exposition. Pouvez-vous nous dire en quoi cet accompagnement a nourri votre pratique ? 

Le travail avec les commissaires m’a permis d’approcher les enjeux de construction d’une exposition et de production vidéo dans le cadre d’une exposition, ce qui était très nouveau pour moi et a ouvert beaucoup de possibles dans ma pratique. L’accompagnement a principalement consisté à penser l’exposition Faire danser les ours présentée dans le cadre du Festival des Traversées de Marais. La particularité de ce travail était que nous pensions à l’exposition en même temps que je produisais les objets qui y seraient montrés. Ceci a bien sûr beaucoup alimenté ma production;  j’ai pu me concentrer sur des questions très concrètes, qu’est ce qui va exister, comment, ce qui m’a permis de préciser mes intentions de manière plus générales. J’ai beaucoup apprécié cela, d’autant que je n’avais jamais eu l’occasion auparavant, de mener à bien un projet personnel jusqu’à sa production finale avec d’autres professionnelles toutes très qualifiées.“

Vous inaugurerez une exposition à la Cité internationale des arts en septembre 2023 à l’occasion du festival des Traversées du Marais. Comment ce projet s’est-il développé et en quoi celui-ci s’ancre dans votre projet de résidence ? 

“Mon projet de résidence portait la production d’installations à partir d’un projet de film, plutôt destiné au cinéma, autour du langage et des récits amoureux. J’ai filmé pendant deux ans le discours et les gestes d’enfants en école maternelles et primaires à Paris pour traiter ce sujet. J’ai plutôt une démarche documentaire. L’année dernière, alors que je bénéficiais d’une résidence en écriture à Périphérie, la forme que je développais, tant au niveau de la narration que de l’expérience que je voulais transmettre, m’a peu à peu conduite vers l’installation. C’est ce que j’ai voulu explorer au sein de la résidence à la cité des arts. Le projet d’exposition s’inscrivait parfaitement dans ma recherche d’alors; comment produire des vidéos pour un espace d’exposition, comment penser le montage dans l’espace, via plusieurs écrans, et la possibilité d’une déambulation.

J’ai passé un certain temps à revenir sur les images filmées et les sons enregistrés, mais également sur les différents objets que j’avais récoltés dans les centres de loisirs; dessins, photo, mots d’amour et lettre. Il a fallu opérer un tri dans cette matière assez vaste. Puis j’ai testé des agencements via le montage vidéo en même temps que j’explorais des manières de projeter dans l’espace et sur différents supports.”

Avez-vous d’autres projets en cours ou futurs ?

“J’aimerai bien évidemment poursuivre ce projet là et donner une forme finale à la fois aux installations et au film. En parallèle, d’autres projets se concluent peu à peu à la rentrée. J’ai travaillé une série photographique avec trois chercheur.se.s en science sociale de l’Institut Convergence Migration sur la complexité de l’habiter des exilé.e.s. Les photographies ont majoritairement été prises à la chambre photographique et dépeignent les différentes structures «accueillantes» ou prétendument hospitalière dans la ville, que ce soit les espaces intimes intérieurs ou ceux extérieurs et publics. Ce travail fera l’objet d’une exposition en octobre à la maison de l’architecture à Paris. Enfin, je suis en train de finir  une installation vidéo qui sera présentée à la Maison Salvan à Toulouse en octobre également, dans le cadre de l’exposition L’eau qui fend la pierre avec l’herbe de David Ryan. Elle est conçu comme une encyclopédie de gestes de soins et d’attentions quotidiennes pratiqués à Belfast, majoritairement par des personnes qui s’identifient comme femmes. Ces gestes sont autant d’héritages de manières de résister et lutter qui sont souvent tues et dévalorisées. L’envie, en les archivant est de montrer leur puissance et leur particularité: j’ai eu la chance de travailler avec Oona Doherty pour interpréter certains gestes.”

BIOGRAPHIE

Ninon Lacroix est photographe et réalisatrice. Elle a participé au programme Égalité des Chances à l’ENS Louis-Lumière en 2017, alors qu’elle était sur le point de valider sa licence de philosophie à PSL / Lycée Henri IV – ENS Ulm. Elle intègre par la suite le Master de Photographie de l’École Nationale Supérieure Louis-Lumière, option Procédés alternatifs, animer l’image fixe, portraits à la chambre photographique, dont elle sort diplômée en 2022, formation qu’elle complète par le Master Documentaire de création option Réalisation, qui émane d’un partenariat entre l’École documentaire de Lussas et Université Grenoble Alpes. Durant ses études, Ninon Lacroix a bénéficié des bourses de la Fondation Culture & Diversité ainsi que de la bourse de Prime Video.
 

Par l’intermédiaire du médium filmique, du documentaire ainsi que de la photographie, le travail de Ninon Lacroix s’intéresse aux conventions amoureuses et à la notion de genre. Dans le cadre de la Résidence C&D, elle envisage de produire un dispositif audiovisuel visant à explorer une forme d’imaginaire qui suggèrerait une forme de subjectivité par le déploiement de l’espace mental comme un paysage extérieur. La collecte d’une matière vaste et protéiforme, composée de montages, d’entretiens, de mises en scène, de portraits et de dessins accompagnés de leur description audio, s’exposerait sous la forme d’une installation immersive qui proposerait au spectateur·rice de traverser le dispositif comme l’on traverserait l’inconscient d’un individu.

© Maurine Tric / Adagp

Artiste en résidence

Samuel Gelas

Année/s de résidence : 2018, 2014, 2015

Peinture

ENTRETIEN

Quels changements et évolutions sont à noter dans votre travail grâce à la résidence à la Cité internationale des arts ?
 

“Depuis mon arrivée à la Cité internationale des arts, j’ai entrepris plusieurs démarches picturales dont la principale est de réaliser des portraits de classe et de groupe. Ce travail puise son inspiration de voyages, de rencontres et des questionnements liés à la situations économique et sociale de certains groupes sociaux. Ce projet s’apparente aussi à la poétique de la rencontre qui est le concept de créolisation, du Tout-Monde du poète et penseur martiniquais Edouard Glissant.

Mon travail a depuis évolué à travers une pratique de la photo et de la vidéo d’individus et d’artistes d’horizons et de cultures différente. Ce qui m’enrichi énormément, d’un point de vue personnel, ainsi que mon travail pictural.”

Une anecdote sur votre résidence à la Cité internationale des arts ?
 

“La Cité internationale des arts est un lieu formidable permettant aux artistes de travailler dans de bonnes conditions mais aussi de rencontrer d’autres artistes de partout dans le monde ainsi que des professionnels de l’art. J’ai toujours été émerveillé par mes rencontres avec d’autres artistes, tant dans la richesse de nos échanges que ce qu’ils me transmettaient à travers leurs histoires, leurs parcours, leurs visions du monde et leurs pratiques artistiques. J’ai été frappé par la qualité des œuvres de chacun que ce soit en musique, chant ou arts visuel. Le talent des autres à été pour moi une source de motivation et d’inspiration qui m’a parfois permis de remettre en question ma pratique ; de me surpasser en quelque sorte. Enfin, certaines rencontres étaient si enrichissantes  que j’ai eu l’idée d’en faire un projet vidéo.

Mes rencontres professionnelles m’ont également été bénéfique car elles m’ont permis d’avoir de belles opportunités d’expositions telles que Eclat d’îles Vol. 3 à l’espace 24 Beaubourg (Février 2019), un solo show dans le corridor de la Cité internationale des arts ainsi qu’une participation à l’exposition collective à la Villa Radet sur le site de Montmartre (Juin 2019). Je prépare actuellement ma prochaine exposition prévue à La Terrasse, espace d’art de Nanterre ce qui me permettra de faire un pas de plus dans mon parcours artistique.”

BIOGRAPHIE

L’artiste français originaire de Guadeloupe, Samuel Gélas, est né en 1986. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts de Paris Cergy, son travail fut notamment découvert du grand public au Salon de Montrouge 2012 en France, et ArtBemao 2013 en Guadeloupe. En 2015, ses peintures ont été présentées à Paris dans des expositions collectives à la Galerie Nathalie Obadia et la Galerie LJ.

La démarche picturale de Samuel Gélas s’apparente à la figuration narrative et au pop art dans une forme à la fois ludique, poétique et critique du monde. Le peintre regarde et analyse les phénomènes médiatiques et sociétaux de la vie quotidienne. La plupart de ses œuvres questionnent la nature humaine à travers ses diverses formes d’animosité et d’animalité dans un corpus travaillant avec force la question des violences urbaines, sociales et culturelles.

La résidence de Samuel Gelas bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Cité internationale des arts dans le cadre de son action en faveur de la création francophone.

Maurine Tric|_@_|Maurine Tric

Artiste en résidence

Denis SUfo Tagne

Année/s de résidence : 2020

Ecrivain

Né au Cameroun, Denis Sufo Tagne — de son nom de scène Sufo Sufo – est auteur, comédien et metteur en scène.

Ses pièces sont jouées, lues, ou sélectionnés par des comités de lectures comme, entre autres, le Bureau des lecteurs de la Comédie-Française, les E.A.T, le Théâtre de la Tête Noire, le Panta-Théâtre ou le CDN de Normandie-Rouen. Boursier des programmes Visa pour la création, du SCAC de l’ambassade de France au Cameroun, du CNL-Centre National du Livre, il bénéficie en 2017 de l’accompagnement du collectif À mots découverts.

Il a été accueilli dans plusieurs lieux de résidence : Maison des Auteurs de Limoges, Maison Maria-Casarès, 10 sur 10 en Pologne et au Sénégal, Maison de la Culture du Mont Royal à Montréal, La Chartreuse-Centre National des écritures du spectacle.

Sa pièce Debout un pied a reçu le prix SACD de la dramaturgie de langue française 2017 et le prix des Écrivains Associés du Théâtre 2018. La pièce a été lu au Festival d’Avignon 2019, et est publié aux Éditions Espaces 34. Sufo Sufo est par ailleurs aussi édité par Lansman, ETGSO, DramEdition, et Awoudy.

“…Un jour il nous envoie un texte, Croisement sur l’échelle de Richter, et là quelque chose apparaît de très fort, quelque chose qu’on retrouve dans Debout Un pied, et c’est une des raisons de notre choix. Il y a dans cette vague actuelle de son écriture une recherche sur comment dire, comment raconter, comment laisser parler le vrai, comment laisser parler le faux »

Nadine Chausse, Responsable de la maison des auteurs de Limoges ( Zébrures du printemps) au Festival d’Avignon en 2019.

Le projet de sa résidence à la Cité internationale des arts tourne autour de l’écriture d’un texte portant sur un groupe de personnes ayant mis sur pied une invention révolutionnaire. L’écriture s’inspire, en partie, de la vie assez particulière d’un collectif d’artistes Parisiens.

“Étant à la Cité internationale des arts pour poursuivre l’écriture d’un texte pendant une résidence de six mois, le projet s’est développé, sur plusieurs de ses plans. Sur le plan artistique, l‘écriture s’est poursuivi, dans les conditions particulières que traverse la Cité en ces temps, mais la ville de Paris, avec ses passants, des personnes dans la rue, en situation difficile ou de révolution intérieure nourrissant un questionnement sur la condition humaine à notre temps, et pour l’écriture d’un texte avec des personnages en quête de renouvellement. Si la première lecture se fera prochainement à la Cité internationale des arts, les perspectives de création ont été envisagées, notamment avec les sessions mentorat, qui en plus ont permis des réflexions sur les artistes, la pratique artistique, les industries culturelles à notre temps.”

Artiste en résidence

Moshekwa Langa

Année/s de résidence : 2007, 2008, 2016, 2017

Photographie

ENTRETIEN

Un bref aperçu de votre carrière avant d’être en résidence à la Cité internationale des arts ?

“Avant d’arriver à la Cité internationale des arts, j’étais en visite familiale prolongée en Afrique du Sud pendant presque dix ans. A mon retour à Amsterdam, je n’avais pas d’endroit où travailler et je me suis demandée si je souhaitais toujours être artiste. Je sentais une forte volonté de continuer à faire des choses même si à ce moment-là je n’avais rien de planifié. Je me sentais obligée de continuer à dessiner, à peindre et à faire des choses, quoi qu’il arrive.

Un jour, on m’a accordé un séjour à la Cité. La résidence m’a donné le calme et la possibilité de me recentrer sur ma pratique. J’ai alors commencé à dialoguer avec d’autres artistes, écrivains et créateurs d’expositions. J’ai participé à une série de projets dont une exposition à la Fondation Kadist à Paris, à Lille 3000 à Lille ainsi qu’une exposition collective à la Fondation Louis Vuitton à Paris. 

J’ai pu préparer mes travaux pour ma participation à la Biennale de Dakar et de Berlin en 2018, et j’ai également pu faire des oeuvres qui ont conduit à des expositions personnelles à la Stevenson Gallery à Johannesburg et à la Blain Southern Gallery à Londres. J’étais de nouveau sous les feux de la rampe, mais la possibilité de retourner à mon atelier pour réfléchir à ce que mes œuvres signifiaient pour moi fut essentielle pour continuer à produire.

Ma résidence à la Cité internationale des arts m’a également permis de développer mon réseau à travers de nombreuses visites professionnelles dans les ateliers.

Parce que je me sens à nouveau enracinée dans ma pratique, j’ai pu commencer à conceptualiser une école passive et une clinique d’urgence pour tous les autres artistes. Cela se construira très probablement à Johannesburg.”

Quels changements et évolutions dans votre pratique sont à noter grâce à la résidence à la Cité internationale des arts, à Montmartre ?

“Depuis mon arrivée dans mon atelier sur le site de Montmartre, j’ai pu élaborer mon travail. 

Il n’a pas été tamisé ; il est devenu plus stratifié, plus intense, plus élaboré et plus réfléchi. J’ai réussi à retrouver certains des motifs d’œuvres perdus lors d’un déménagement d’œuvres d’art il y a longtemps. Je suis aussi capable d’incorporer de la figuration, ce qui m’était difficile à faire dans un passé récent parce que c’était tellement conflictuel. Les collages et les peintures sont allusifs et multicouches.

Je me rends compte de la distance que j’ai parcourue pour arriver ici (temps et espace) et parfois, j’aimerais revenir en arrière, mais où ? Je ne suis plus sûr. Je pense que mes œuvres évoquent des notions de séparation, de nostalgie, de désir et d’appartenance, mais aussi le confort d’être loin et abandonné à soi-même pour ces raisons. 

En regardant mes œuvres, je vois maintenant trois développements parallèles distincts : les lettres d’amour composées de gribouillis et de bandes de plans d’eau, la considération de la vie quotidienne et de ses cartes, et le troisième ; les textes et esquisses de nouvelles œuvres et ses incursions.

Ma présence ici m’a permis de m’immerger dans mon travail. C’est la dernière chose que je vois avant d’éteindre les lumières et la première que je vois au petit matin.

Mon atelier est un espace tranquille sur la colline de Montmatre, mais à quelques pas de là, le quartier regorge de vies indescriptibles et de tant d’autres réalités. Je me réjouis de ce contraste, car je reviens, je distille mes expériences et je fais de nouveaux liens entre le passé qui m’anime et le présent que je regarde avec émerveillement. 

Je me suis rendu compte que les œuvres ne sont pas des incidents isolés, mais qu’elles sont éclairées par des moments fugaces, à la fois actuels et mémorables.“

BIOGRAPHIE

Moshekwa Langa est née en 1975 à Bakenberg, Limpopo, et vit à Amsterdam. Il a étudié à la Rijksakademie van Beeldende Kunsten à Amsterdam en 1997-98.

Ayant acquis une renommée internationale à la fin des années 1990, il a participé activement à ce qui est aujourd’hui considéré comme l’âge d’or des biennales, notamment celles de Johannesburg (1997), Istanbul (1997), La Havane (1997), São Paulo (1998 et 2010), Gwangju (2000), Venise (2003 et 2009) et Lyon (2011).

Il a pu participer à de nombreuses expositions individuelles, notamment au Museum Boijmans van Beuningen à Rotterdam (1998), au Centre d’Art Contemporain à Genève (1999), à la Renaissance Society à Chicago (1999), au Contemporary Arts Center à Cincinnati (2003), Kunstverein Dusseldorf (2004), le Musée national des arts du 21e siècle (MAXXI) à Rome (2005), Modern Art Oxford (2007), Kunsthalle Bern (2011), Krannert Art Museum à Champaign, Illinois (2013) et les galeries ifa à Stuttgart et Berlin (2014).

Moshekwa Langa a été inclus dans les expositions de groupe qui ont fait date, The Short Century : Independence and Liberation Movements in Africa 1945-1994, au Museum Villa Stuck, Munich (tournée 2001-2) ; Black President : The Art and Legacy of Fela Anikulapo-Kuti, au New Museum, New York (tournée 2003-4) ; How Latitudes Become Forms : Art in a Global Age, au Walker Art Center, Minneapolis (tournée 2003-5) ; A Fiction of Authenticity, au Contemporary Art Museum, St Louis (tournée 2003-6) ; Looking Both Ways : Art of the Contemporary African Diaspora, au Museum for African Art, New York (tournée 2003-6) ; Africa Remix, Museum Kunstpalast, à Düsseldorf (tournée 2004-7) ; Snap Judgments : New Positions in Contemporary African Photography, à l’International Center of Photography, New York (tournée 2006-8), Flow, à The Studio Museum in Harlem, New York (2008) et The Global Contemporary. Monde de l’art après 1989, au ZKM Museum of Contemporary Art, Karlsruhe, Allemagne (2011). Plus récemment, il a exposé dans We Don’t Need Another Hero, la 10e Biennale de Berlin (2018) ; The Red Hour, la 13e Biennale de Dakar (2018) ; Afrique Capitales, à Lille et Paris, France (2017) ainsi qu’à Art/Afrique, le nouvel atelier à la Fondation Louis Vuitton, Paris (2017) et à 2016 Corner of the Eye avec Nora Schultz à la Fondation Kadist, Paris (2016). 

Maurine Tric|_@_|Maurine Tric