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Faire place au monde

Gustavo Ciríaco & João Gonçalo Lopes, Caravanserá, 2025 © João Gonçalo Lopes

Young Joo Lee, The Congress, 2026, huile sur toile © Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Taysir Batniji, Sans titre, 1998-2021, valise et sable, dimensions variables © Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Prenant la Cité internationale des arts comme point de départ, Faire place au monde engage une réflexion sur la manière dont les artistes contemporains abordent les promesses, les contradictions et les héritages de l’internationalisme culturel, à savoir une forme d’échanges, d’actions et de solidarités qui dépasse les structures nationales.

Réunissant 16 artistes de 15 pays différents, (en résidence entre 2003 et aujourd’hui), Faire place au monde présente ce rapport aux frontières, à ce qu’on appelle l’international, non pas comme une valeur immuable, mais comme une réalité vécue de manière inégale, notamment par les artistes eux-mêmes : pour beaucoup un processus quotidien de négociation, de traduction et de quête d’hospitalité, parfois lié à l’expérience du déplacement forcé ; pour d’autres une source d’opportunités, mais aussi de dépendance, ainsi qu’une promesse susceptible d’orienter puissamment les artistes, sans jamais leur permettre d’échapper entièrement aux asymétries politiques et culturelles du monde qui les entoure.

Alors que la Cité internationale des arts a été pensée pendant l’entre-deux guerres et a vu le jour après la Seconde Guerre mondiale, dans une Europe marquée par la guerre et les génocides, ses fondateurs ont proposé un autre horizon : celui où les échanges artistiques pourraient créer des formes de proximité et de relation que les États-nations n’avaient pas réussi à maintenir au cours des décennies précédentes. De par son nom, « Cité internationale des arts », l’accent est mis sur le lieu lui-même en tant qu’exception internationale dotée de ses propres codes, rythmes et communautés temporaires. Elle a été imaginée comme une ville dans la ville, un lieu susceptible de suspendre, ne serait-ce que partiellement, les hiérarchies du monde des États-nations au-delà de ses murs. La Cité était toutefois indissociable d’une ambition culturelle française plus large. Elle a ainsi toujours porté en elle deux élans contradictoires : une volonté d’ouverture au monde et une mission visant à placer Paris en son centre. Cette tension a inspiré le titre de l’exposition ainsi que le choix des artistes participants, et pose la question des rapports de pouvoir et de l’accès à la mobilité.

Certains artistes proposent des formes horizontales de rassemblement : le carnaval et la caravane comme métaphores d’échange et d’accueil, le chant comme promesse de retour face à l’anéantissement, ou la matrilinéarité comme structure sociale alternative. D’autres projets nous rappellent que l’art est un refuge temporaire contre le deuil et le traumatisme, une suture des blessures physiques et symboliques, ou un héraut d’histoires cachées qui refont surface.

Commissariat: Chương-Đài Võ, Charles Esche et Federica Chiocchetti.

Louidgi Beltrame, Emma Charrin, Kari Ikonen, Young Joo Lee, Olia Fedorova, Thomas Henriksson, Gustavo Ciríaco, João Gonçalo Lopes, Ola Hassanain, Himat Mohammed Ali, Zbyněk Baladrán, Hussein Nassereddine, Taysir Batniji, Cristina Escobar, Gluklya, Wendie Zahibo.

Exposition

Site du Marais → Galerie

Du 8 octobre 2026 au 16 janvier 2027

Du mercredi au samedi de 14h à 19h
Nocturne le mercredi jusqu’à 21h

Entrée libre

Accessibilité : Nous regrettons que tous nos espaces d’exposition ne répondent pas aujourd’hui aux normes actuelles d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite et nous y travaillons pour l’avenir.Pour toute demande concernant l’accessibilité des espaces de la Cité internationale des arts, nous sommes à votre disposition pour vous répondre au cas par cas. Vous pouvez nous contacter à l’adresse : programmation@citedesartsparis.fr

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