Skip to content

Dans l’atelier de Théophile Rolland

Dans l'atelier de...

Qu’est-ce que le fait de travailler à Paris, à la Cité internationale des arts, vous apporte à ce moment précis de votre parcours ?

En étant en résidence à Paris, j’ai la possibilité de découvrir de nombreux aspects de la ville qui m’étaient jusqu’ici inconnus. Je rencontre sans cesse de nouvelles personnes, de nouveaux lieux et de nouvelles manières de faire exister des pratiques artistiques. Comme je bénéficie d’une résidence longue à la Cité, je prends vraiment le temps d’explorer les différentes scènes, ce qui me permet à la fois de mieux saisir certains aspects de mon travail, mais aussi de tisser des relations dans la durée avec d’autres artistes et travailleur·euses de l’art. Ce sont surtout ces possibilités de liens qu’offre la Cité, et, d’une certaine manière, la ville de Paris dans son ensemble, qui m’amènent à faire dialoguer mon travail avec des énergies nouvelles, au-delà d’une pratique d’atelier isolée.

Quels projets développez-vous actuellement, et quelles questions ou quels thèmes les sous-tendent ?

Je réalise essentiellement des objets et des installations portés par les notions d’attention, de temps et d’illusion. Mon travail prend forme au gré de matériaux abandonnés ou délaissés que je glane, assemble et transforme à travers des gestes de soin – souvent satiriques – empruntés à l’artisanat autant qu’aux pratiques dites «amateures».
Depuis mon arrivée à la Cité, j’ai cherché à explorer davantage les rapports parfois troubles qui nous lient aux objets communs, qu’ils soient symboliques ou quotidiens, en réalisant une série d’œuvres qui joue sur la production d’affects et leur potentielle manipulation, voire sur leur inscription dans des rapports de pouvoir et de domination. Plus concrètement, cette série convoque les thèmes de l’enfance, du divertissement et des médias, et prend la forme d’objets familiers, en apparence rassurants, desquels émane un sentiment d’inquiétude plus diffus. C’est cette tension qui m’intéresse et que je continue de développer dans ce travail, qui appelle à un niveau d’attention élevé pour déjouer les faux-semblants et accéder aux détails cachés qui tissent des liens entre des registres esthétiques et politiques.

Comment ces projets ont-ils évolué depuis le début de votre résidence ?

J’ai commencé à fabriquer de nouveaux objets dès mon arrivée à la Cité et, depuis, mon processus de travail n’a cessé d’évoluer et de prendre des directions inattendues. D’abord, la taille conséquente de l’atelier m’a rapidement amené à expérimenter une échelle plus grande qu’à mon habitude. Puis, en nourrissant ma pratique d’improvisations, de matériaux récupérés aléatoirement et d’échanges avec l’extérieur, le travail a presque évolué de lui-même, sous la forme d’un projet sériel. Une partie du travail a alors consisté à se laisser porter par des jeux d’associations formelles et textuelles, sans définir de règles trop en amont, mais plutôt en suivant les directions qu’imposent les matériaux, les gestes et les intuitions. C’est vraiment cet équilibre que je continue de poursuivre avec ce travail : entre ce que les objets et les formes du quotidien nous racontent et ce que nous souhaitons leur faire dire.

Arts visuels

France

Lire plus

Instagram ↗

Et aussi dans le magazine