Installation
p. 39 | Nina Wakeford
Nina Wakeford utilise la performance, l’installation et l’image en mouvement pour aborder les combats non résolus des mouvements sociaux du passé, ainsi que les défis déclenchés par leur réactivation. Son inspiration lui vient d’archives historiques, mais aussi de ses amis, de ses amants et de leurs obsessions.
Dans ce projet, son point de départ a été le décès d’une amie, Anna Livia Brawn, et un livre oublié. Anna avait traduit en anglais un roman de 1930 écrit par une autrice parisienne ouvertement lesbienne, Lucie Delarus-Mardrus. Dans ce roman, le personnage principal vit à la fois en tant qu’homme et femme. L’autrice y intègre des caricatures de « célébrités » lesbiennes bourgeoises, dont certaines étaient connues pour partager des moments intimes lors de leurs promenades à cheval dans le Bois de Boulogne. Pourtant, l’autrice est morte presque sans le sou, après s’être aliénée sa famille et ses amis en refusant de mettre fin à sa relation avec une chanteuse de music-hall à l’accent « parigot » de la classe ouvrière et au « langage vulgaire ». Après avoir enfin déniché une première édition du roman à la Librairie Vignes à Paris, Nina a eu le sentiment de renouer avec Anna.
En réponse aux enjeux de réinterpréter et de raconter des moments de rencontres furtives entre femmes et dans un élan bibliophile, Nina met en relation un assemblage de matériaux récemment collectés, chantés, parlés, mis en scène.
Nina Wakeford (Royaume-Uni) est en résidence par le biais du programme 2–12
Nina Wakeford, en conversation avec Federica Chiocchetti, Ateliers ouverts | Les Rencontres de Montmartre, juin 2026 © Maurine Tric / Adagp Paris, 2026
Le travail de Nina Wakeford tente de concrétiser des revendications à travers des interventions concrètes et inclut souvent des cris, des chants, ou encore des slogans inventés.
Elle est l’artiste co-initiatrice du Pavillon suisse de la Biennale de Venise 2026, qui s’appuie sur les recherches d’archives menées sur les vies des personnes LGBT en Suisse dans le cadre de son exposition Concrete Comeback ⚣⚢ Arms Are For Linking. Elle est professeure d’art à Goldsmiths, Université de Londres. Elle a aussi cofondé avec Elizabeth Price l’Artist Citizens Jury, un projet informé par sa formation en sociologie.
Site du Marais → Vitrine
Du 20 octobre au 21 novembre 2026
Visible de 10h à 19h
Entrée libre
Commissariat : Federica Chiocchetti, responsable de la programmation artistique et culturelle, et Alix Pornon, chargée de programmation, Cité internationale des arts