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Menu of the day | Nobuko Tsuchiya

Railfish, 2014 métal, plumes, silicone 117 x 125 x 240 cm © Nobuko Tsuchiya

« Les œuvres de Nobuko Tsuchiya naissent d’interrogations fondamentales sur le monde et sur la place qu’on y occupe : pourquoi sommes-nous là ? Y a-t-il un ordre à l’univers et avons-nous une quelconque prise sur celui-ci ? Face au besoin de savoir, les scientifiques expérimentent, les philosophes imaginent. Les étranges assemblages de matière et d’objets trouvés de Nobuko empruntent à l’un et l’autre.

L’artiste se confronte quotidiennement aux contradictions du réel, entre ce que l’on sait et ce que l’on perçoit, entre l’immobilité apparente des choses et le mouvement permanent des atomes qui les constitue. Mots, objets, plantes, animaux, humains : tout est matière. Tout est mouvement. C’est en dehors du langage qu’elle cherche à comprendre et à interagir avec le monde.

Les matières qui l’attirent – laine, résine, métal, cire, plumes, plâtre – ne sont pas encore transformées et contaminées d’intentions. Avec la souplesse qu’aucune langue ne pourrait se permettre sans devenir incompréhensible, Nobuko assemble, désosse, fond, durcit, écrase, étale, gonfle pour composer une grammaire instinctive où les formes sont toujours suggérées et accompagnées plutôt que contraintes. Elle sculpte comme on cultive un jardin.

Pénétrer dans l’un de ses environnements, c’est faire l’expérience physique d’une pensée : voir et se sentir voir. Face au vide sidéral, à l’échec conjoint de la science et de la philosophie à fournir une réponse suffisante, ses œuvres recadrent nos égos en nous faisant voyager à la fois au plus profond et au plus loin de soi. » — Antoine Champenois

Nobuko Tsuchiya (Japon) est lauréate du programme de résidence Jean Chatelus – Fondation Antoine de Galbert x Cité internationale des arts. Créé en 2024 en hommage au collectionneur Jean Chatelus, ce programme sélectionne chaque année un artiste dont la pratique résonne avec l’esprit de sa collection, pour une résidence d’un an à la Cité internationale des arts.

© Maurine Tric / Adagp, Paris, 2026⁠

Nobuko Tsuchiya crée ses œuvres comme un jardinier s’occuperait d’un parterre harmonieux où des variétés de toutes origines pourraient cohabiter en toute sérénité. Trouver le juste équilibre entre les diversités, écouter, observer une cohabitation possible entre toutes les formes d’existence, vivantes ou non – plantes, animaux, atomes, virus, cellules, planètes, galaxies –, telle est sa quête. C’est tout un monde vivant qui finit par se combiner, fusionner et, finalement, disparaître. D’où vient la vie ? Où allons-nous ? Nobuko explore l’essence même de l’existence. Il en résulte des œuvres mystérieuses, aussi énigmatiques que ses questions sur l’univers. De ces assemblages de feutre, de silicone, de laine et de métal naissent un dialogue poétique, une logique inattendue et une expérience universelle.

Installation

Site du Marais → Vitrine

Du 6 au 27 juin 2026

Visible de 10h à 19h

Entrée libre