Dans l'atelier de...
Dans l'atelier de...
© Maurine Tric / Adagp, Paris, 2026
Nobuko Tsuchiya crée ses œuvres comme un jardinier s’occuperait d’un parterre harmonieux où des variétés de toutes origines pourraient cohabiter en toute sérénité. Trouver le juste équilibre entre les diversités, écouter, observer une cohabitation possible entre toutes les formes d’existence, vivantes ou non – plantes, animaux, atomes, virus, cellules, planètes, galaxies –, telle est sa quête.
Depuis mon arrivée en résidence, j’ai été profondément stimulée par l’énergie de Paris, ses expositions, et les nombreuses personnes qui sont intensément passionnées par l’art.
Plus important encore, cette expérience m’a fait prendre conscience que la stabilité avait progressivement restreint mon regard. Aujourd’hui, j’ai l’impression que mon corps et mon esprit sont constamment réveillés, secoués. Je ne sais pas encore comment cette influence se manifestera, mais je suis certaine qu’elle affectera — ou peut-être affecte déjà — mon travail de nouvelles manières.
© Maurine Tric / Adagp, Paris, 2026
Je prépare actuellement une installation pour la Vitrine à la Cité internationale des arts, qui ouvrira le 6 juin sous le titre de Menu of the day.
Il s’agit d’un type de travail dans lequel le public peut physiquement entrer et faire l’expérience de l’intérieur même de la sculpture — quelque chose que j’expérimente pour la première fois. En travaillant les matériaux, différentes images se croisent continuellement dans mon esprit : être à l’intérieur d’un œuf, d’un nid d’oiseau, de nuages, d’une cellule, de l’abîme, ou flotter quelque part sans échelle.
Par moments, j’ai l’impression de ne pas savoir ce que je fais. J’ai le sentiment d’être guidée par les matériaux, ou par quelque chose de vivant en moi. J’espère que l’œuvre pourra susciter les sensations, les émotions et les associations personnelles de chacun.
© Maurine Tric / Adagp, Paris, 2026
Railfish, 2014 métal, plumes, silicone 117 x 125 x 240 cm © Nobuko Tsuchiya