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Dans l’atelier de Tsiriniaina Hajatiana Irimboangy

Portrait — 24 September 2025

Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp, Paris 2024.

Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp, Paris 2024.

Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp, Paris 2024.

Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp, Paris 2024.

Atelier de Irimboangy Tsiriniaina Hajatiana Cité internationale des arts © Maurine Tric / Adagp, Paris 2024.

Entretien

En tant qu’artiste malgache, comment vos racines culturelles influencent-elles votre pratique artistique, notamment dans le cadre de cette exposition Ridô – Dévoiler les souvenirs ?

En tant qu’artiste malgache, mes racines culturelles jouent un rôle central dans mon travail. Mes projets explorent constamment ma malgachéité et divers aspects de la culture malgache. Dans le cadre de l’exposition Ridô – Dévoiler les souvenirs, je me penche sur une dimension plus personnelle, en questionnant mes racines à travers les souvenirs de la maison de mes grands-parents, où j’ai passé les premières années de ma vie. Par ce projet, qui peut sembler très intime au premier abord, je questionne plus largement le foyer typique malgache, porteur selon moi d’une forte charge culturelle.

 

Comment la résidence à la Cité internationale des arts a-t-elle nourri vos réflexions artistiques, en particulier en ce qui concerne l’exploration de la mémoire et de l’identité dans votre travail ?

La résidence à la Cité internationale des arts m’a offert un cadre propice à l’introspection, l’expérimentation et la réflexion sur mes souvenirs liés à Madagascar. Le fait de disposer d’un lieu dédié et de temps pour expérimenter a été essentiel pour nourrir mon travail autour de la mémoire. La distance géographique avec Madagascar a également joué un rôle central : elle est devenue à la fois une contrainte et une source de stimulation créative. Être loin m’a permis d’aborder mes souvenirs avec un regard distancié, non pas dans une volonté de retrouver exactement ce qu’ils étaient, mais de les appréhender de manière plus poétique et sensible.

 

Pouvez-vous nous parler des principaux thèmes que vous explorez dans votre travail et comment vous parvenez à fusionner l’art et la narration pour engager le spectateur ?


Les principaux thèmes que j’explore dans mon travail sont : les souvenirs, la mémoire, l’héritage, la transmission et la question de la représentation. Ces notions sont au cœur de ma pratique artistique. Je me considère comme un conteur visuel et en ce sens je dis souvent que la narration est mon principal médium. À travers mes productions visuelles et textuelles, j’ai à cœur de raconter ces histoires en marge et invisibilisées, mais qui, selon moi, méritent d’être mises en lumière. Par la narration, j’aspire à transmettre des émotions et à pérenniser des aspects culturels liés à Madagascar. Mon travail intègre également une dimension d’archive, notamment à travers mes archives familiales, où je me vois parfois comme l’historien de ma propre famille.

 

Quels projets futurs envisagez-vous dans le cadre de votre recherche artistique, et comment ces projets continueront-ils à interroger les questions de mémoire et d’identité culturelle ?



De manière générale, mes projets artistiques s’inscrivent dans une continuité cohérente, toujours centrée sur la notion de malgachéité. La résidence actuelle à la Cité internationale des arts prolonge un travail débuté depuis plusieurs années. Il s’agit d’un projet en constante évolution qui vise à préserver et transmettre l’identité culturelle malgache tout en expérimentant de nouvelles approches artistiques. À l’avenir, je souhaite poursuivre ces recherches, notamment sur le terrain à Madagascar, afin de m’immerger davantage dans les pratiques culturelles locales. J’aimerais également m’investir dans des résidences internationales plus longues, qui offriraient un cadre propice à l’expérimentation et à la réflexion. Enfin, je compte enrichir ma pratique en développant la dimension textuelle et la performance, pour explorer de nouvelles formes de narration.

Né•e en 1998 à Antananarivo à Madagascar, vit et travaille entre Paris et son île natale.

Irimboangy Tsiriniaina Hajatiana est un•e artiste numérique et créateur•ice d’images à la croisée de la recherche et du design. Graphiste de formation, sa démarche questionne les différents médiums numériques et leurs usages dans leur capacité à produire de nouvelles formes et de nouvelles images. Iel met au service d’une logique transmédia différentes technologies de création pour répondre à des problématiques spécifiques dans une volonté de valorisation et de préservation patrimoniale.

Iel se figure également comme conteu•euse visuel car iel à cœur, à travers ses productions artistiques et visuelles, de raconter ces récits silencieux et invisibilisés, ceux en marge des grands récits que l’on retrouve habituellement dans l’imaginaire collectif. En utilisant différentes technologies de création numérique telles que la photographie, la vidéo, l’intelligence artificielle et la numérisation 3D, iel explore de nouvelles pistes artistiques et créatives pour réaliser des projets originaux et sensibles.

Sa démarche vise à valoriser, préserver et donner voix au patrimoine et à la culture malgache à travers une approche transmédia, c’est-à-dire en proposant des médiums et supports variés.Ses projets artistiques articulent à la fois la recherche de sens et la recherche de formes. En effet, la recherche est le fondement de sa pratique artistique. Ainsi, redonner du sens aux signes, apporter une représentation à ses réalités plurielles et proposer un nouveau regard sur ce qui peut sembler ordinaire à Madagascar sont les thématiques qui animent ses projets artistiques.

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